fotolia 42286497

En Allemagne, le symbole de la collecte des vieux papiers est la poubelle bleue. Mais comment en est-on arrivé là et comment expliquer ce développement ? 

 

Le recyclage est depuis longtemps devenu une tradition dans la fabrication du papier. Jusqu’au 19e siècle, le papier était majoritairement fabriqué à partir de déchets textiles (voir également Histoire du papier). Dans le deuxième moitié du 19e siècle, les chiffons ont été délaissés au profit des fibres de bois. Au début du 20e siècle, les vieux papiers commencèrent à se vendre et le recyclage de cette matière première se développa. 

 

Dans les années 1950, 470 000 tonnes de vieux papiers furent utilisées en Allemagne. Le pourcentage de vieux papiers utilisés comme matière première était de 30 %. C’est à cette époque que furent établies les premières « listes de types de vieux papiers » afin de permettre aux fabricants de papier de trier les différentes qualités. 

 

Depuis lors, l’utilisation des vieux papiers comme matière première secondaire n’a cessé d’augmenter. La densité de population élevée en Allemagne et l’intérêt des communes pour la matière première « vieux papiers » ont contribué à l’obtention d’un bon taux de collecte. En 2011, 16 246 millions de tonnes de vieux papiers furent utilisées pour fabriquer du papier, ce qui correspond à environ 70 % de la production de papier en Allemagne. Les vieux papiers sont la principale matière première secondaire pour l’industrie du papier. La poubelle bleue pour les ménages privés fut introduite en 2002. À cela s’ajouta plus tard la collecte des déchets de papiers dans le secteur professionnel. La préoccupation pour la protection de l’environnement en Allemagne a encore renforcé la collecte des vieux papiers. Jusqu’en 2002, l’Allemagne était un importateur net de vieux papiers. Aujourd’hui, le pays est un exportateur net.

 

Le différend public qui oppose les entreprises d’élimination des déchets, les communes et les usines de papier concernant le droit sur les vieux papiers montre à quel point cette matière première est précieuse. Les nouvelles lois en matière de recyclage démontrent également l’intérêt international pour cette matière première. La demande de vieux papiers du plus important producteur de papier qu’est la Chine, joue désormais également un rôle décisif dans le marché intérieur européen. 

 

La norme européenne pour les qualités des vieux papiers fut définie en 2001. Les cinq classes se divisent en « types ordinaires », « types moyens », « types supérieurs », « types kraft » et « types spéciaux ». La catégorie la plus importante est celle des « types ordinaires » qui se compose notamment des papiers domestiques non triés (poubelle bleue), de mélanges de papiers graphiques et de journaux (De-Inking) et dans le domaine professionnel, de vieux papiers provenant de grands magasins (cartons). Les papiers d’emballage comme le carton et les cartonnages sont pratiquement fabriqués à 100 % à base de vieux papiers. Pour la production de qualités de papier supérieures, comme par ex. de papiers graphiques (papier glacé), on utilise moins de vieux papiers et on complète avec des fibres primaires. Le progrès technologique de ces dernières années a également permis de réduire l’utilisation de fibres primaires en utilisant des vieux papiers de qualité supérieure. Actuellement, en Allemagne, la fibre pour le papier est recyclée jusqu’à six fois. 

 

Chaque année, près de 400 millions de tonnes de papier et de carton sont fabriquées dans le monde. Les plus grands producteurs sont la Chine, les USA, le Japon et l’Allemagne. En 2011, la consommation moyenne de papier par habitant était de 231 kg aux USA et de 121 kg en Europe. Un tiers des capacités de la production mondiale de papier se trouve en Europe. L’Europe est leader dans la production de papier d’impression et de papier à lettre. La consolidation de l’industrie européenne du papier a fait baisser le nombre d’usines de papier tout en augmentant les capacités. 

 

L’industrie allemande du papier est numéro un en Europe et arrive en quatrième position au classement mondial derrière la Chine, les USA et le Japon, et dépend toujours de la matière première secondaire que sont les vieux papiers.